
Les dérives du système capitaliste ne se limitent pas au domaine industriel. A titre d'exemples, je voudrais citer brièvement les quelques cas suivants:
Les banques des pays riches prêtent à taux très élevé (vu les risques) aux pays du tiers monde, l’argent que leurs clients y déposent à taux très bas. Les pays pauvres qui ont une dette énorme, sont obligés par les institutions mondiales créées à Bretton Woods en 1944 (Fonds Monétaire International, Banque Mondiale,..) de rembourser leurs dettes coûte que coûte. Cette situation favorise souvent les dictatures en place, qui n’hésitent pas à dilapider les richesses naturelles de leur pays tout en exploitant leurs populations misérables. Pour se donner bonne conscience, les Gouvernements des pays riches « aident » alors les pays pauvres en leur « donnant » de l’argent (ou des armes) issu de nos impôts qui servira essentiellement à enrichir les dictateurs au pouvoir et, à rembourser les « malheureuses » banques prêteuses.
Durant toute leur vie professionnelle, les salariés, cotisent pour alimenter des fonds de pension extra légale (banques, assurances) qui comptent actuellement parmi les plus « puissantes fortunes » du monde. Ces organismes financiers exigent « ROI et ROE » de minimum 15% de la part des entreprises qui leur empruntent de l’argent, au risque de les ruiner. Ils restituent par contre moins de 8% lors du paiement des rentes de retraite extra légale des braves gens qui leur ont fait confiance. Quel excellent rendement! Parfois, au lieu de payer une rente, ils proposent même de rembourser un capital qui est bien inférieur aux sommes versées, et qui se base souvent sur des tables de mortalité qui encourageraient presque l’euthanasie.
Une quantité énorme d’argent volé est blanchi par des banques sans scrupules, qui s’en servent d’ailleurs, finalement comme des fonds de pension mentionnés plus haut. En échange de cet argent sale, fruit du trafic de drogue et du commerce des armes, la maffia se paie de l’honorabilité et une place au soleil... La maffia s’enrichit donc en volant et en tuant, avec la complicité de certaines banques.
La valeur du capital d'une entreprise devrait être estimée, essentiellement, en fonction de la valeur initiale péréquatée (ou sa valeur de remplacement) ainsi qu'en fonction de la façon dont elle est gérée sur les plans humain, technique, financier et commercial. Ceci exige des pratiques comptables honnêtes et transparentes visant notamment à informer objectivement les gestionnaires et les actionnaires. De nos jours, la valeur du capital d'une entreprise cotée en bourse n'a généralement plus rien à voir avec la réalité. Elle dépend essentiellement du comportement névrotique des spéculateurs et surtout de l'avis de quelques "gourous" à la mode, qui sont probablement directement financièrement intéressés par la déstabilisation récurrente des marchés. Les petits actionnaires sont très souvent les victimes d'un tel système illustré dernièrement par les faillites d'ENRON et de WORLDCOM aux Etats-Unis. La valeur des actifs du monde industriel est donc essentiellement estimée sur base des cotations boursières; ceci entraîne inévitablement le mécontentement et la démotivation des travailleurs qui se sacrifient pour leur outil de travail et sont pratiquement ignorés par les actionnaires.
Impôts directs et indirects de plus en plus élevés et dépenses de l’état non réduites font que le déficit budgétaire ne se comble pas. Il n’est donc pas étonnant que la monnaie européenne, sanctionnée par les marchés financiers implacables, ait longtemps été en chute continue par rapport à ses concurrentes; remarquons que les monnaies concurrentes (USA et Japon) pourraient être mises en danger par la corruption et les magouilles des milieux industriels et financiers de ces pays. La mise en service de l’Euro, la monnaie unique, va peut-être forcer les états européens à améliorer leur gestion, à condition, bien entendu, que l’Union Européenne (UE) soit enfin capable de faire régner une certaine discipline.
Que ce soit dans le monde du cinéma, de la télévision ou de la chanson, les financiers modernes, producteurs du « show business », ont mis des spécialistes en marketing à la tête de toutes les activités autrefois dirigées par des artistes connaisseurs et compétents. La performance a trop souvent remplacé la qualité. Nombre de talents ne sont pas reconnus et on assiste à un nivellement par le bas. On peut se demander qui remplacera les grands acteurs de cinéma et les grands poètes de la chanson que nous avons eu la chance de connaître au cours du vingtième siècle ? S’agit-il des acteurs des films d’horreur ou des films pornographiques, s’agit-il des jeunes du loft ou de la « Star Académy » ?